Création d’emplois locaux et durables

Selon une étude publiée fin octobre 2014 et commandée à Ernst & Young par les trois fédérations belges des entreprises actives dans les énergies renouvelables (EDORA, ODE et BOP), « les renouvelables sont l’investissement le plus intelligent pour l’économie belge ».

L’étude envisage deux scénarios : le premier prévoit la fourniture de 24% de l’électricité par les énergies renouvelables à l‘horizon 2020 (niveau requis pour atteindre les objectifs européens); le second scénario prévoit un gel des investissements dans les renouvelables, qui fourniront dès lors seulement 11,7% de l’électricité consommée en Belgique en 2020.

Dans l’hypothèse du premier scénario, l’étude conclut que le secteur des énergies renouvelables peut  créer jusqu’à 9200 emplois pour l’installation de nouvelles unités de production renouvelables pendant la période 2013-2020, et 2700 emplois pour l’exploitation et la maintenance, alors que le scénario « 11% » n’entraîne la création que de respectivement 170 et 160 emplois pendant la période concernée.

En outre, le scénario prévoyant plus de renouvelables engendrerait 15 milliards d’euros de dépenses locales, alors que le scénario « moins de renouvelables », les dépenses locales s’élèveraient à 1 milliard d’euros seulement. Conclusion : plus de recettes fiscales dans le premier scénario, estimées à 2,6 milliards d’euros pendant toute la période 2013-2020.

La balance commerciale s’en trouverait également assainie, puisque dans le scénario « plus de renouvelables », ce sont 5 milliards d’euro en moins qui seraient dépensés à l’étranger.

La contribution des renouvelables au PIB peut également être considérée sous l’œil de l’innovation et du savoir-faire. En 2013, le secteur offshore belge a conclu pas moins de 400 millions d’euros de contrats à l’étranger

 

Où en est-on aujourd’hui ?

Dans une étude réalisée par le Cluster TWEED et publiée en avril 2014, une comparaison macroéconomique des filières mentionne un taux de création de 4,41 ETP/ GWh pour la filière grand éolien (> 3 MW). Si l’on se réfère aux statistiques de production régionale au 30/06/14, 1.429 GWh auraient permis de créer 6302 ETP, dont 40% seraient locaux, soit 2521 ETP en Wallonie.

Au niveau national, la production de l’année 2013 estimée à 3.864 GWh permet d’évaluer le nombre d’emplois créés en Belgique à 6550, répartis en 3812 ETP pour l’éolien onshore (Flandre et Wallonie), et 2738 ETP pour l’éolien offshore.

Ces chiffres sont dans la lignée des estimations réalisées par la fédération Agoria en mai 2012, qui évaluait alors le nombre d’emplois dans la chaîne de valeur éolienne en Belgique à 6040 ETP si l’on inclut les emplois indirects. Le bureau Deloitte établissait, quant à lui, à 6225 le nombre d’ETP actifs dans l’éolien en Belgique, dont 2722 ETP directs, d’après une étude menée en novembre 2012.

Bien que la Belgique ne dispose pas d'assembleurs d'éoliennes, plusieurs entreprises wallonnes et flamandes fournissent du matériel de haute qualité. Certaines ont même développé des composants utilisés dans le monde entier et peuvent se vanter d'être leader mondiaux :

  • CFR : fourniture d’éléments en acier pour les éoliennes. 1/3 des  éoliennes dans le monde contient des produits de CFR
  • Samtech : modélisation génie civil et étude de stabilité
  • Cernea : modélisation de pales
  • Owens Corning : production de fibre de verre pour les pales
  • Hansen Transmissions : engrenages et boîtes de transmission pour éoliennes.
  • CG Power Systems (anciennement Pauwels Trafo Belgium): production de transformateurs et de génératrices pour éoliennes.

La récente étude de Ernst & Young rappelle l’évidence : investir dans le renouvelable permet de réduire notre dépendance énergétique, de développer des sources d’énergie propres, sûres, moins chères, et de créer de l’emploi et des richesses locales.

La construction d’un parc éolien implique une multitude d’acteurs industriels. Ceux-ci peuvent être présentés le long de chaînes de valeur horizontale et verticale.

 

Les chaines de valeur horizontale et verticale

La chaine de valeur horizontale

La chaine de valeur horizontale est liée au projet éolien. Elle est dirigée par le développeur.

Chaine de valeur verticale

La chaine de valeur verticale est liée aux composantes de l’éolienne.

 

 

Rcherche

En matière de recherche & développement, plusieurs initiatives ont récemment vu le jour, dont notamment BruWind (Brussels Wind Energy Research Institute), plateforme qui présente une initiative conjointe de plusieurs unités de recherches académiques bruxelloises actives dans le domaine de l’énergie éolienne.

Par ailleurs, en 2010, un groupe de chercheurs européen créait l’EERA (European Energy Research Alliance), dans le sillage du plan stratégique que la Commission Européenne avait présenté en 2007 pour accélérer le développement et le déploiement au meilleur coût des technologies à faible intensité carbone.

En Belgique s’est créé le groupe BERA Wind (Belgian Energy Research Alliance), dans le but de fournir aux acteurs du secteur éolien une meilleure représentation au niveau international et de leur faire bénéficier des synergies qui se mettent en place au sein de l’EERA.

L’APERe a analysé l’intérêt de cette démarche, sur base de l’interview de Ariane FRERE, animatrice du BERA et chercheuse au sein de Cenaero (centre de recherche agréé par la Région wallonne). Lire l’interview.