Les éoliennes sont-elles réellement bruyantes et nocives pour la santé ?

Il suffit de se balader le long d’un parc éolien et de tendre l’oreille pour se faire une opinion. Selon les saisons et les conditions météorologiques, le son généré par les éoliennes reste peu perceptible, couvert par le bruit du vent ou... d’une route.

Toutefois, le bruit émis par les éoliennes doit rester en deçà d'une certaine limite réglementaire. C'est pourquoi, en Wallonie, la réglementation impose pour chaque projet éolien la réalisation d'une étude acoustique selon une norme internationale (IEC 61400-11).  Cette étude prend notamment en compte la topographie locale et les conditions météorologiques les plus défavorables (vents dominants soufflant vers toutes les habitations proches, éolienne la plus bruyante).

Le parc éolien ne sera autorisé que s’il respecte les normes acoustiques en vigueur. Ces normes fixent le niveau sonore maximal entre 40 dB(A) la nuit et 50 dB(A) le jour, soit l’équivalent du bruit à l’intérieur d’une maison calme.

Les normes de bruit sont à respecter dans des environnements ayant des vents inférieurs à 5 m/s. A des vents plus forts, les mesures sont faussées par le bruit ambiant du vent. Or, les éoliennes ne produisent du bruit que lorsque du vent les actionne ! Cette norme est donc difficilement applicable telle quelle et la législation en la matière doit être développée.

La législation hollandaise a prévu ce cas de figure, et spécifie une courbe de bruit spécifique que toute éolienne doit respecter, en fonction de la vitesse du vent. Ceci permet de déterminer très rapidement les zones où ces limites sont respectées et où aucune gêne auditive n’est à craindre. Cette courbe est la suivante : 

De plus, sur base des connaissances scientifiques internationales et d’une campagne de mesure, l'Afsset (l’Agence française de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail) a publié un rapport sur cette question (Afsset 2008) : « Il apparaît que les émissions sonores des éoliennes ne génèrent pas de conséquence sanitaire directe sur l’appareil auditif. Aucune donnée sanitaire disponible ne permet d’observer des effets liés à l’exposition aux basses fréquences et aux infrasons générés par ces machines.

A l´intérieur des habitations, fenêtres fermées, on ne recense pas de nuisances - ou leurs conséquences sont peu probables au vu du niveau des bruits perçus. En ce qui concerne l´exposition extérieure, les émissions sonores des éoliennes peuvent être à l'origine d´une gêne, mais on remarque que la perception d’un inconfort est souvent liée à une perception négative des éoliennes dans le paysage. »

Certains riverains qui souffrent de maux comme les troubles du sommeil se focalisent parfois sur les éoliennes. Ils se trompent malheureusement de cause. Les médecins chercheront d’autres origines (stress, soucis,…) pour les accompagner sur la voie de la guérison.

Références :