Est-il vrai que les éoliennes contribuent à l’augmentation des émissions de CO2 ?

L'éolien contribue à la réduction des gaz à effet de serre. Aujourd'hui plus que jamais, cela ne fait pas de doute... sauf peut être pour quelques détracteurs qui pensent que toute la communauté scientifique s'est trompée.

Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) recommande le développement de parcs éoliens afin de réduire les émissions polluantes générées par la production électrique traditionnelle (GIEC 2007).

La production éolienne varie selon l’intensité du vent. Lorsque le vent est favorable*, les éoliennes produisent une électricité propre et permettent ainsi de réduire en temps réel la production électrique des centrales au gaz – un combustible responsable d'émissions de gaz à effet de serre.

Lorsque le vent diminue, les éoliennes ralentissent ou s’arrêtent temporairement et la production électrique classique retrouve, dans le pire des cas, son taux d’émission de CO2 initial. Il s’agit bien d’un retour au niveau initial, pas d’une augmentation du taux par rapport à ce niveau de base.

La Commission Wallonne pour l'énergie, régulateur officiel du marché wallon de l'énergie, considère qu'une éolienne permet d'économiser 456 KG de CO2 à chaque fois que celle-ci produit 1 MWh d'électricité verte.

Sur une année, une éolienne de 2 MW permet donc d'économiser 2006.4 tonnes de CO2 (en considérant un taux de charge annuel moyen de 25,1%). En 2009, l'ensemble des éoliennes installées en Wallonie ont permis d'éviter l'émission de 281.343 tonnes de CO2 (source APERe 2009).

La rumeur laisse également croire que l’absence de vent doit automatiquement être compensée par les centrales les plus polluantes. C’est faux car cela serait une aberration économique.  Ce sont les centrales les plus efficaces (en terme de réactivité et de rentabilité) qui sont sollicitées en priorité. Or actuellement, les unités de production les plus efficaces sont les moins polluantes.

D'autre part, l'absence de production éolienne peut être directement compensée par une diminution de la demande en électricité. En règle générale, il est important de rappeler que les variations de l’éolien sont intégrées dans la gestion générale du réseau électrique. Cette gestion, opérationnelle depuis plus d’un siècle, intègre les fluctuations de l’éolien dans l’ensemble des variations de l’offre (production d'électricité) et de la demande (consommation). Il n’y a donc pas de compensation spécifique pour l’éolien.

Pour preuve, lorsqu’un nouveau parc éolien est construit, les autorités en charge de l’équilibre ne prévoient ni d’installer de nouvelles unités de production en contrepartie ni d’augmenter le niveau de production des centrales existantes.

L’intégration de l’énergie éolienne sur le réseau contribue donc bien à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il est cependant important de développer également les autres productions de sources renouvelables - le solaire thermique et photovoltaïque, la biomasse, l’hydroélectricité, … - et d’encourager l’utilisation rationnelle de l’énergie (bâtiments basse énergie, constructions passives, comportements économes, ...).

* Généralement, une éolienne se met en marche avec un vent de 2,5- 3 m/s (environ 10 km/h). Elle commence à produire de l'électricité après 3 minutes de vent à cette intensité (2,5 m/s).

 

Références: