Protection des oiseaux et des chauves-souris

Les populations locales d’oiseaux et de chauves-souris font l’objet d’études particulièrement attentives. D’une part, certaines de ces espèces sont plus sensibles que d’autres aux effets ponctuels des éoliennes : la vitesse de rotation de leurs pales ou la possible modification des zones de chasse et des corridors de déplacement. Il est possible qu’un délai de plusieurs années soit nécessaire pour estimer les impacts cumulés d’un nombre croissant d’éoliennes sur l’avifaune et les chiroptères au niveau d’un territoire plus large.

Afin de limiter ces impacts, des mesures sont prises tant en amont qu’en aval des projets éoliens :

  • L’association de protection de la nature Natagora affine continuellement les outils cartographiques qui permettent d’estimer les impacts de projets éoliens sur les différentes espèces d’oiseaux présentes. Ces cartes se basent sur des observations de terrain des sites de nidification mais aussi sur des modélisations, ce qui permet de déterminer de façon plus précise qu’auparavant les sensibilités de l’avifaune (nidifi- cation, reproduction, migration, hivernage) au niveau du territoire wallon ;
     
  • Un protocole de comptage, élaboré par le DNF (Département de la Nature et des Forêts du Service public de Wallonie), est destiné à guider les bureaux d’études dans la réalisation de leurs études environnementales. Ce protocole prévoit, pour chaque espèce ou groupe d’espèces d’oiseaux ou de chauve-souris, un calendrier de comptage précis, des recommandations sur le nombre et la localisation des relevés à réaliser, ainsi que sur les modalités de comptage à respecter. Ces comptages permettent d’identifier les espèces présentes sur le site, d’évaluer leur nombre et d’observer leur comportement. La présence d’espèces sensibles ou menacées entraînera la mise en place de mesures hiérarchisées en fonction de l’importance de l’impact estimé des éoliennes sur ces espèces :
    •  Les projets sans impact pour la biodiversité seront privilégiés.
    • Des mesures d’atténuation ponctuelles (telles que l’arrêt temporaire ou le bridage des éoliennes à certaines périodes) peuvent être mises en œuvre.
    • En cas d’impact probable d’un projet sur les espèces et habitats protégés auquel les mesures d’atténuation ne permettent pas de répondre, les alternatives d’implantation d’un projet similaire seront étudiées (suppression d’une ou plusieurs éoliennes, augmentation de la distance vis-à-vis des gîtes d’hivernation ou des sites de nidification…); à défaut d’alternative, des mesures de compensation seront mises en œuvre (prairies fauchées tardivement, plantation de haies, restauration de plans d’eau ou de prairies humides, bandes fleuries…).
       
  • Certaines innovations technologiques permettent de brider les éoliennes lorsque les conditions météorologiques rendent la sortie des chauves-souris très probable. Le bridage imposé aux exploitants entraîne une perte de productivité de l’ordre de 2 % par an, alors qu’il permet de réduire la mortalité des chiroptères due aux éoliennes de plus de 90%.
     
  • Basées sur la technologie du radar ou des ultrasons, d’autres innovations apportent une aide efficace dans la détection, le suivi et la caractérisation des oiseaux et des chauves-souris. Certains détecteurs permettent par exemple de prévoir à distance l’arrivée de flux migratoires et de mettre les éoliennes à l’arrêt le temps que les oiseaux en migration traversent le site. D’autres permettent d’identifier le nombre exact d’oiseaux sur place, de retracer leur vol et de mieux comprendre leur comportement.

L’ensemble de ces mesures permet de limiter au maximum la mortalité des oiseaux et des chauves-souris due aux éoliennes en Wallonie. Les causes de la mortalité résiduelle ne sont pas encore toutes connues mais font l’objet d’une recherche intense et continue qui permet aux méthodes de protection de gagner sans cesse en efficacité. Enfin, rappelons que les causes principales de mortalité et de déclin de la biodiversité ne sont pas liées aux éoliennes, qui tuent 19.000 fois moins d’oiseaux que les bâtiments, et 850 fois moins que les voitures.